Situation et territoires
La plaque du Yangtsé couvre environ 2,2 millions de kilomètres carrés, soit 0,43 % de la surface terrestre. On l’appelle aussi plaque de Chine du Sud. Sur terre, elle porte 15,4 % de la Chine, la totalité de Hong Kong et 27,2 % de Taïwan. En mer, elle comprend le vaste plateau continental peu profond de la mer de Chine orientale et le détroit de Taïwan.
La plaque repose sur une vieille croûte continentale. Les géologues appellent cette croûte le bloc de Chine du Sud, formé lorsque deux morceaux plus anciens, le bloc du Yangtsé et le bloc de Cathaysia, se sont soudés au Néoprotérozoïque. Le cours inférieur du Yangtsé, qui donne son nom à la plaque, traverse cet intérieur stable.
Ce qui se passe à ses limites
La plus longue limite, 3 791 km, la sépare de la plaque eurasienne sur ses côtés ouest et nord, dans le centre de la Chine. PB2002 en classe l’essentiel comme rift continental, avec des tronçons de faille transformante et de collision, et la vitesse relative est d’environ 1,2 à 1,7 cm/an.
À l’est, une limite de 1 409 km avec la plaque d’Okinawa suit la fosse d’Okinawa, un bassin d’arrière-arc qui s’ouvre derrière les îles Ryūkyū à environ 2,1 à 5,5 cm/an. Au sud, une limite de 906 km avec la plaque de la Sonde est surtout transformante et bouge d’environ 1,4 à 1,5 cm/an. Au nord, une limite transformante de 589 km avec la plaque de l’Amour ne bouge que d’environ 0,4 cm/an.
Le bord le plus rapide est court. Sur 439 km à Taïwan, la plaque philippine entre en collision avec la plaque du Yangtsé à environ 8,1 à 8,6 cm/an. L’arc volcanique de Luçon y percute la marge continentale chinoise, et cette collision a soulevé la chaîne centrale de Taïwan, où le Yushan (mont de Jade) culmine à 3 952 m.
Séismes et volcans
L’intérieur de la plaque est calme. Les données ne recensent que 17 séismes de magnitude 6,5 ou plus depuis 1900, dont un de magnitude 8 ou plus. Le plus fort, le séisme de Taïwan de 1910 (M8.1), s’est produit à environ 235 km de profondeur. Lui et plusieurs autres grands événements, comme le séisme de 1911 près d’Amami (M7.9, à 150 km de profondeur), ont eu lieu en profondeur sous le bord est de la plaque, très probablement à l’intérieur de plaques océaniques en subduction.
Les séismes superficiels sont moins nombreux mais plus destructeurs. Le séisme de 1935 près de Taichung, à Taïwan (M7.1), a causé de lourdes pertes dans l’ouest de l’île, et celui de 1918 près de Shantou, sur la côte du Guangdong (M7.4), a été fortement ressenti dans tout le Guangdong et jusqu’à Hong Kong.
Les volcans sont rares. Les données en recensent deux, tous deux dans le nord de Taïwan : le groupe volcanique de Tatun, juste au nord de Taipei, et Kueishantao, une petite île volcanique au large de la côte nord-est.
Pourquoi les géologues la distinguent
Les manuels considèrent généralement le sud-est de la Chine comme une partie de la plaque eurasienne. Les relevés GPS montrent pourtant que le bloc de Chine du Sud se déplace vers l’est ou le sud-est comme une unité assez rigide par rapport à l’Eurasie, en partie parce que la collision entre l’Inde et l’Asie chasse de la croûte du Tibet vers l’est. PB2002 en fait donc une plaque à part entière. Ses limites sont moins nettes que celles des grandes plaques, et certains chercheurs la considèrent comme un bloc crustal au sein de l’Eurasie plutôt que comme une véritable plaque.